Primaires Citoyennes : Le programme de Benoît HAMON pour 2017 #Hamon2017

Candidat à la primaire citoyenne de gauche des 22 et 29 janvier prochain, l’ancien ministre Benoît Hamon porte un projet ambitieux très à gauche.

 Interview de Benoît Hamon par le youtubeur Hugo Travers

 

Mettre en place un revenu universel

Afin de prendre en compte les évolutions de la société et la robotisation croissante des emplois (les emplois de services, notamment), Benoît Hamon propose de mettre en place un revenu universel de 750 euros par mois (530 euros dans un premier temps) pour tous les citoyens majeurs, qu’ils travaillent ou non. Ce revenu doit «donner à chacun la liberté et le pouvoir de travailler moins sans réduire ses revenus».

«Le revenu universel est un instrument incroyable de redistribution. Pour son financement le niveau des prélèvements augmentera (…) mais quasiment exclusivement sur les plus hauts revenus», a expliqué Benoît Hamon.

L’idée du revenu universel (également appelé «revenu de base») a fait ces dernières années l’objet de nombreuses expériences sur des petites échelles, comme récemment en Finlande. L’idée est de permettre d’éliminer le chômage en partageant les emplois disponibles, dont une partie à été détruite irrémédiablement, sans être remplacée.

Les différentes études ont montré que le revenu minimum n’incitait pas ses bénéficaires à cesser toute activité, mais plutôt à réduire leur temps de travail pour privilégier d’autres activités pas forcément rémunératrices (s’occuper de sa famille, faire du bénévolat, se consacrer à des activités sportives ou artistiques…).

Le coût de cette mesure en France est chiffré par Benoît Hamon à 300 milliards d’euros par an. «C’est beaucoup mais quand la France d’après-guerre a créé la Sécurité sociale, c’était une mesure équivalent à son PIB», a expliqué le candidat.

Il serait couvert par des «fusions ciblées» avec les minima sociaux (dont le coût est de 23 milliards d’euros), les aides au logement (18 milliards), et les prestations familiales (53 milliards). Il souhaite également retirer 24 milliards d’euros de l’individualisation de l’impôt sur le revenu et s’attaquer aux niches fiscales (84 milliards d’euros) et à l’évasion et l’optimisation fiscales (80 milliards d’euros).

De plus, permettre aux citoyens de s’occuper de leurs familles, par exemple, impliquerait des économies en matière de santé, alors que le temps libre dont ils disposeraient les inciterait à consommer davantage.

Réduire le temps de travail

La réduction du temps de travail serait permise par la mise en place du revenu universel. «On sait que nous allons avoir un bouleversement grâce à la révolution numérique. Mon analyse c’est que dans beaucoup de domaines le travail va être beaucoup plus rare, il doit donc être partagé», explique Benoît Hamon.

«Notre modèle de développement est dépassé, on court derrière un demi-point de croissance et on lui sacrifie le code du travail et nos modèles sociaux», estime Benoît Hamon. «Je pense que le travail, c’est important, et j’ai lutté pour faire reconnaître le burn-out mais il faut reprendre la marche vers la réduction du temps de travail à la fois pour le bien-être au travail et pour la réduction du chômage. En raison de la révolution numérique, 43 % des emplois en France seraient menacés», explique le candidat.

Taxer les robots

C’est une idée qui avait déja été défendue dès la fin des années 60 par un certain Michel Rocard. L’idée est la suivante : puisque les robots remplacement progressivement nombre d’emplois (caissières dans les supermarchés, et bientôt livreurs et chauffeurs de taxi), pourquoi ne contribueraient-ils pas à la redistribution des richesses ? Benoît Hamon souhaite ainsi fixer aux robots un salaire fictif sur lequel l’Etat prélèverait un impôt réel. Un revenu qui permettrait de financer d’autres mesures, notamment le revenu universel.

Passer à la VIe République

Juegeant les institutions de la Ve République obsolètes, Benoît Hamon veut passer à une VIe République qui donne notamment plus de poids au Parlement, afin de mettre fin à la «monarchie républicaine» et au «mythe de l’homme providentiel», comme il qualifie le poids donné actuellement au président de la République. L’ancien ministre prône un mandat unique de sept ans pour le président, qui serait responsable devant le Parlement. Il souhaite également introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, et prendre en compte le vote blanc. Enfin, il veut réformer le Sénat.

Mettre en place un 49.3 citoyen

Dans la cadre de la mise en place de cette VIe République, Benoît Hamon veut instaurer un «49.3 citoyen». Concrètement, cette mesure permettrait à 1% des électeurs (soit 450.000 personnes) de demander l’examen ou la suspension de l’application d’une loi.

Reconnaissance du vote blanc

Benoît Hamon souhaite la reconnaissance du vote blanc. Si « le vote blanc était en tête lors d’un scrutin (…) ce vote doit être reconnu comme une démarche citoyenne de la part d’un certain nombre de nos compatriotes qui ne se reconnaissent dans aucun programme et aucun candidat »

Donner plus de moyens à l’éducation

L’ancien ministre de l’éducation souhaite recruter 40.000 enseignants et créer un service public de la petite enfance afin de permettre à tous les parents de faire garder leurs enfants. Il ambitionne également de consacrer 1% du PIB national à la culture.

Donner la priorité à l’écologie

Avec la volonté de remettre l’écologie au coeur de la politique, Benoît Hamon souhaite notamment sortir du diesel à l’horizon 2025 et atteindre 50% d’énergies renouvelables en 2025. Il souhaite également lancer un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments publics et privés, ou encore réduire la place du nucléaire, tout en conservant l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste. Il souhaite également négocier au niveau européen pour que 400 millions d’euros de la PAC soient consacrés à l’agroécologie.

Instaurer des visas humanitaires pour les réfugiés

Benoît Hamon souhaite que la France montre plus de «solidarité» envers les réfugiés en augmentant son aide financière, en développant les «visas humanitaires» et en accordant un «droit au travail» pour les nouveaux arrivants. «Nous n’accueillons que 0,12% de notre population, en deçà de la moyenne européenne de 0,20%» en évoquant notamment la situation à Alep. Le candidat souhaite également que «la France augmente le niveau de sa contribution» au Programme alimentaire mondial, et veut «en finir avec les accords du Dublin, qui veulent que la Grèce et l’Italie supportent le poids de l’accueil des réfugiés».

L’ancien ministre de l’Éducation compte «développer les visas humanitaires», «pour que ceux qui ont décidé de venir en Europe (…) ne le fassent pas dans des conditions où ils risquent leur vie». Il souhaite également multiplier par deux le nombre de places en CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile).

Légaliser le cannabis

Dénonçant l’«hypocrisie» de la répression, coûteuse et inefficace, le député des Yvelines propose de légaliser le cannabis et de confier sa distribution à l’Etat, pour «tarir l’économie souterraine et les violences». Comme le tabac et l’alcool, le cannabis rapporterait également d’importantes rentrées fiscales à l’Etat.

Prisons : sortir de la «culture de la détention»

Admettant qu’il faut «améliorer les conditions d’incarcération» dans les prisons, Benoît Hamon estime que «ce n’est pas en construisant de nouvelles places qu’on règlera le problème» et qu’il fallait d’abord sortir de la «culture de la détention». Le député des Yvelines a plaidé pour un renforcement des «moyens du Spip» (service pénitentiaire d’insertion et de probation) et souligné que, «pour qu’une peine soit efficace, il faut accompagner et préparer la réinsertion des détenus».

Benoît Hamon souhaite aussi que «tous les établissements pour peine soient équipés d’unités de vie familiale» et que «des bureaux de vote soient installés dans les prisons». Il propose également une revalorisation de l’aide juridictionnelle avec l’objectif de tendre «au niveau du Smic». Pour la financer, Benoît Hamon a imaginé d’instaurer une «contribution de solidarité pour les cabinets d’avocats qui ne font pas d’aide juridictionnelle».

Sécurité

Benoît Hamon propose un rétablissement de la police de proximité, « qu’a supprimée Nicolas Sarkozy », souligne-t-il. Elle est « très précieuse car elle permet de détecter des signaux faibles », comme le renseignement territorial. « On a besoin de renseignement d’hommes, et pas seulement de technologies ». Ses autres propositions sont à lire ICI.

Supprimer la Loi Travail

Supprimer la Loi Travail est une des première mesure que Benoît Hamon promet de prendre s’il est élu président de la République. L’ancien ministre de l’Éducation nationale estime entre autres qu’elle « n’améliore par la dignité des salariés, leur situation ou tout simplement leur pouvoir d’achat ».

Société : des droits pour tous

Benoît Hamon souhaite aligner le congé paternité sur le congé maternité, afin de ne pas faire porter à la mère la charge de l’enfant. Il veut également étendre la PMA aux femmes seules et aux couples homosexuels.

Création d’un service publique de la petite enfance et de la dépendance

 

Face à une vraie droite de droite avec François Fillon et à l’extrémisme de la famille Le Pen, avec Benoit Hamon se préfigure une vraie gauche de gauche.

 

Retrouvez toutes les propositions de Benoît HAMON sur son site de campagne : benoithamon2017.fr 

 

 

Lien : http://www.directmatin.fr

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