Soutien aux personnels et aux résidents des EHPAD

Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont dans une situation sociale alarmante. Personnels, direction et patients s’indignent de sous-effectifs considérables.

Stress, fatigue, burn-out, la dégradation des conditions de travail a des conséquences lourdes pour des personnels, souvent des femmes, mises quotidiennement sous pression pour un salaire souvent dérisoire au vu de leur fonction.

Voilà pourquoi, ce 30 janvier 2018, les personnels des EHPAD manifestent dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour pouvoir exercer leur métier dans des conditions plus dignes pour les résidents qu’ils accompagnent au quotidien et améliorer des conditions de travail qui n’ont cessé de se dégrader ces dernières années en raison d’une politique du chiffre imposée par les gouvernement successifs.

Aujourd’hui, le Gouvernement Macron/Philippe est resté sourd à ces alertes qui émanent des organisations syndicales, de médecins urgentistes rejoints par de très nombreux professionnels, familles, personnels et citoyens rassemblés dans le collectif « Vieux debout », de parlementaires, de maires et élus locaux.

La ministre de la Santé, a annoncé dans l’urgence un fonds de 50 millions d’euros pour que les Agences régionales de santé (ARS) puissent accompagner les EHPAD les plus en difficulté. Mais cela est bien insuffisant. Cela permettrait de créer au mieux 2500 postes, alors qu’il en faudrait au minimum 200.000. Selon les syndicats, 10% des plus de 75 ans qui résident en EHPAD, soit environ 720.000 personnes en France, nécessitent un ratio d’un soignant pour un résident, ce qui constitue un objectif inatteignable aujourd’hui.

Face à l’exigence de dignité dans la prise en charge du grand âge, c’est d’un véritable plan d’urgence dont les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ont besoin.

Pour la dignité de nos aînés, il est indispensable de renforcer, par des embauches, les personnels dans les établissements et d’accéder à une meilleure reconnaissance des métiers d’accompagnement du grand âge. Il faut aussi enfin revoir la réforme de la tarification et du financement des établissements.

L’idée forte de faire de la perte d’autonomie un risque couvert par la Sécurité sociale doit se poser, afin de garantir le droit de vieillir dignement et de décharger les familles du coût très souvent insupportable de l’hébergement.

 

Je partage totalement les propositions formulées lors de l’élection présidentielle par Benoit Hamon, et proposé aujourd’hui par le mouvement Génération.s :

– la création d’une allocation unique « bien vieillir en Ehpad », dégressive avec le revenu, afin de permettre aux familles de catégories modestes et moyennes de voir leur facture en maison de retraite diminuer.

– le recrutement de 3 à 5 aides soignant.e.s par maison de retraite dont le coup peut être estimé à 1 milliard d’euros sur 5 ans financé par l’Assurance Maladie.

– l’augmentation de l’APA à domicile de 30% afin d’améliorer la prise en charge, de mieux former et de mieux rémunérer les aides à domicile qui s’occupent des seniors. Cet effort financier d’1 milliard d’euros bénéficiera en priorité aux personnes âgées les plus modestes et/ou les plus dépendantes.

– la garantie du droit au répit pour les aidants par l’accessibilité en moins de 30 minutes à un accueil de jour Alzheimer, un EHPAD avec places accessibles, un service de soin à domiciles (SSAD) et un Point Conseil.

Il suffirait d’annuler la baisse de l’ISF pour couvrir intégralement le coût d’un tel plan d’envergure pour les personnes âgées et leur famille.

Une société se juge à manière dont elle traite ses personnes âgées.

 

 

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