Disparition de Simone Veil : une partie de l’histoire s’en va

Simone Veil, rescapée de la Shoah, européenne convaincue, ancienne ministre de la Santé, qui fit voter la légalisation de l’avortement, est décédée à l’âge de 89 ans.

L’ancienne déportée incarne à sa manière les trois grands moments de l’histoire du XXe siècle : la Shoah, l’émancipation des femmes et l’espérance européenne.

Au cours de sa vie, Simone Veil a en effet épousé, parfois bien malgré elle, les tourments d’un siècle fait de grandes désespérances mais aussi de beaux espoirs : survivantes des juifs français ayant survécu à la déportation à Auschwitz, elle symbolise la conquête du droit à l’IVG et elle est l’une des figures de la construction européenne.

Il y aurait long à écrire sur cette grande dame, je ne ferai que citer sont discours du 26 novembre 1974, alors que des militants de « Laissez-les vivre » égrènent silencieusement leur chapelet devant le Palais-Bourbon, Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre son texte :

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement […] cela restera toujours un drame. […] Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. […] Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir. Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême. »

 

Avec la disparition de Simone Veil, c’est une partie de l’histoire qui s’en va.

 

 

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