Soutien à la proposition de Loi « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie »

Courrier transmis à Xavier BATUT, Député (LREM) de la Xeme circonscription de Seine-Maritime concernant la proposition de Loi « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie » :

« Monsieur le Député Xavier BATUT,

Nous sommes Arnaud MOUILLARD et Loréna TUNA, élu(e)s à la ville d’Yvetot.

Nous vous écrivons aujourd’hui en tant que membres de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) concernant la proposition de Loi « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie » qui sera débattue prochainement à l’Assemblée nationale.

En effet, le jeudi 8 avril prochain, dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe « Libertés et Territoires », sera examinée par l’Assemblée nationale la proposition de loi de votre collègue, Olivier FALORNI, député de Charente-Maritime, « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie ». Une telle loi de liberté est attendue par l’immense majorité des Français, comme le montre tous les sondages depuis plusieurs années.

Certains de nos voisins (Suisses, Néerlandais, Belges, Luxembourgeois, Espagnols) ont déjà légiféré en la matière ; d’autres (Portugais) s’apprêtent à le faire dans les tout prochains mois ; d’autres, encore, peuvent s’appuyer sur des décisions des plus hautes instances de l’ordre judiciaire pour avancer dans les prochaines années (Italiens, Allemands).

Nous savons qu’il n’est pas de coutume que les parlementaires d’un groupe votent les propositions de loi inscrites dans le cadre des niches parlementaires d’un groupe différent. Cette ultime liberté – que vous pourriez donner aux Français – justifie pourtant cette exception. D’autant plus que trois autres propositions de loi – portée par les député(e)s Marine BRENIER, Caroline FIAT et Jean-Louis TOURAINE –, toutes de grande qualité, prouvent que cette question de la fin de vie n’est pas une question partisane ; elle est une question de droits humains, de liberté, de respect…

Ce texte qui sera soumis au vote prend en compte d’abord la réalité de notre pays. Il y a des souffrances physiques et psychiques qui ne peuvent être apaisées malgré toute la bonne volonté des soignants. Cette réalité est cruelle et elle est parfois un peu hypocrite dans le sens où des Françaises et des Français, quand ils en ont les moyens physiques et financiers, s’exilent à l’étranger pour pouvoir mourir ou ont recours à des euthanasies clandestines qui, par définition, ne sont pas contrôlées. Finalement, ce texte se résume en une phrase : donner le droit à une fin de vie libre et choisie.  

La loi Léonetti a marqué un certain nombre d’avancées, notamment des progrès dans la reconnaissance du droit des malades. Sauf qu’aujourd’hui, elle reste encore très restrictive et on voit toutes les impasses, toutes les failles de cette loi. L’euthanasie veut dire en grec « belle mort, mort douce ». Il est important de rappeler que c’est un médecin qui injecte le produit létal dans un cadre très précis. Il s’agit de pouvoir bénéficier de cette aide active à mourir dans le cas d’une maladie grave et incurable, à une phase avancée ou terminale. 

Aujourd’hui, la France est en retard sur ce sujet majeur et plusieurs projets de Loi ont été refusé ces dernières années. La réalité, c’est qu’il y a des euthanasies clandestines et il y a des gens qui partent à l’étranger.

Cela ne vous rappelle rien ? En 1974, vous aviez des femmes, qui, pour pouvoir avorter, partaient à l’étranger, ou avaient recours aux « faiseuses d’anges ». 

Donc, regardons la réalité de notre pays, regardons ce que font nos voisins et légiférons. 

C’est pourquoi, nous vous demandons d’être présent en séance le 8 avril prochain pour voter la proposition de loi d’Olivier FALORNI « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie ». Chaque citoyen doit avoir le droit de décider en conscience des conditions de sa propre fin de vie, quand celle-ci est devenue trop insupportable.

Les 74 780 adhérents de l’ADMD seront collectivement vigilants quant aux travaux de l’Assemblée Nationale en la matière.

Nous vous prions de croire, monsieur le Député Xavier BATUT, à l’expression de notre sincère considération. »

1 Comment

  1. Parce que là fin de vie peut être douloureuse, invalidante, avec dépendance physique, j’estime que chaque être humain a le droit de choisir sa façon de mourir

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