La gauche doit revenir sur la suppression de la demi-part fiscale des veuves lançée par la droite

En 2008, Nicolas Sarkozy avait engagé la suppression de la « demi part des veuves » qui profitait aux parents isolés ou aux veufs et aux veuves ayant un enfant. Avec cette mesure, des dizaines de milliers de personnes âgées ont vu leur impôt sur le revenu augmenter. Cette suppression peut même entrainer le paiement d’autres impôts comme la taxe d’habitation et la taxe foncière, dont les personnes concernées par la demi part étaient jusqu’à présent exonérées.

Face à cela, 29 parlementaires de gauche, dont les députés socialistes Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, Christian Paul, Laurent Baumel, Aurélie Filippetti, Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan ou la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann ainsi que le chef de file des députés Front de Gauche André Chassaigne, avec Marie-George Buffet ou Jacqueline Fraysse et, côté écologistes, Noël Mamère et Sergio Coronado ont signé récemment une tribune dans Marianne  pour réaffirmer leur refus de voir cette mesure injuste poursuivie. Il ont déposé dans la foulée déposé un amendement pour rétablir la demi-part fiscale supplémentaire attribuée aux personnes veuves ayant élevé des enfants.

Malheureusement, cet amendement a été rejeté par l’Assemblée national le 28 octobre. Le gouvernement a annoncé qu’il ferait « un premier pas » dans la suite de l’examen du budget, en permettant que notamment les impôts locaux des personnes modestes soient réduits, via un relèvement du revenu fiscal de référence. Le secrétaire d’État au Budget Christian Eckert, « sensible à la situation évoquée », a notamment souligné le coût du rétablissement de la « demi-part des veuves »- 800 à 900 millions d’euros – pour s’y opposer.

Dans le même temps, le Front national lance une pétition pour dénoncer cette mesure en se rangeant à peu de frais du côté des plus démunis…

Partout où la gauche, et en premier lieu le PS, laissera s’accroître les inégalités et la détresse, le FN en profitera pour alimenter sa haine. La colère et la frustration et le refus d’entendre les protestations des français les plus vulnérables ne peut que favoriser la monter du clan Le Pen.

Le gouvernement a engagé une baisse de l’impôt sur le revenu qui concerne des millions de foyers fiscaux. Comme le propose l’ancien Ministre Benoît Hamon, il aurait été judicieux de rétablir la demi-part des veuves en réorientant un milliard d’euros du CICE qui bénéficie à toutes les entreprises même celles qui sont déjà très riches.

Si le gouvernement et la majorité actuels ont hérité de cette mesure de la droite en 2012, rien ne les forçait à la mettre en œuvre. Il y a des décisions dont on mesure immédiatement l’impact social et politique. Celle de rétablir cette demi part pour les veuves en est une.

 

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